Une écriture enlevée, alerte, colorée d’un humour souvent
noir
emporte le lecteur dans les dix-sept histoires qui composent Joli coup.
En surgit un monde loufoque, drôle, voire poétique, parfois légèrement
surnaturel, toujours décalé. Les personnages de ce recueil n’en sont
pas pour autant étranges. Il s’agit du commun des mortels, de nos
contemporains : notre voisin, le postier, le guichetier de la banque du
coin, la prostituée, le soldat, l’employé de la SNCF ou la caissière de
notre supermarché. Ils évoluent au fil de monologues et d’aventures
dans lesquelles l’auteur nous embarque avec dérision et cynisme. Les
nouvelles de Patrick Ledent, qu’elles empruntent au genre policier, au
récit réaliste ou au conte fantastique, nous font basculer dans un
univers singulier.
Cette écriture est le
fruit de vingt ans de travaux pratiques effectués sous l’oeil attentif
d’un connaisseur, André Blavier (1922- 2001) : écrivain, critique et
érudit, spécialiste de René Magritte, correspondant étranger de
l’Oulipo, marqué par sa rencontre avec Raymond Queneau, fondateur en
1952 de la revue d'avant-garde Temps
Mêlés, puis du Centre de
documentation Raymond Queneau de Verviers et Grand Prix de l’Humour
Noir en 1977 pour Occupe-toi
d’homélies. Une école prestigieuse… et une
passion des mots partagée. Si Patrick Ledent maîtrise parfaitement
l’art de la chute, grâce à une construction très concertée qui tient le
lecteur en haleine, il sait aussi faire savourer la langue à travers
néologismes, mots-valises et jeux de mots. Sept de ces nouvelles ont
été primées (Prix transfrontalier de la nouvelle brève, Prix Vedrarias
de la nouvelle, Prix du ligueur, etc). Joli coup les
rassemble, autour
d’autres inédites, par un choix éditorial qui souligne, au-delà de la
diversité formelle, l’unité d’une écriture roborative.
Une écriture roborative ? Oui. On sort réjoui de cette lecture, on a
bien rigolé. Sous la légèreté et la quotidienneté, c’est d’une plume
mordante que Joli coup s’attaque à quelques petites angoisses comme le
cancer, le chômage, la guerre, l’argent ou son absence, l’économie,
l’éducation, la violence ou la difficulté des relations humaines. Dans
l’invective ou la jubilation verbale, l’auteur s’inscrit à la suite des
humoristes qui, depuis Swift, dénoncent les plaies du monde moderne
avec savoir-dire et élégance :
«Pour autant,
je n’en voulais à personne. J’avais si bien essoré le temps, si bien
égoutté chaque seconde que je savais mieux que quiconque combien la vie
est riche, imprévisible et fantasque. Émancipée et victorieuse. Combien
elle se moque des révolutions solaires et
lunaires. De toutes ces
planètes qui tournicotent autour du soleil et sur elles-mêmes,
cherchant un mouvement qui les rassure, une équation qui les apaise ou
une réponse à leur errance stérile. Combien les hommes se trompent en
levant les yeux au ciel, quand ils devraient les baisser ; combien ils
se fourvoient en s’émerveillant de la trajectoire des astres, quand la
leur est tellement plus libre, plus folle et poétique.»
Table des matières
de haut vol…………………………………………9
Collioure, une minute d’arrêt …………19
un simple oubli…………………………………27
Babiole…………………………………………………33
Fait d’hiver…………………………………………37
snif !……………………………………………………51
Mécanique terrestre …………………………61
Fast-food……………………………………………71
la Banque…………………………………………79
double impact……………………………………97
Boucle………………………………………………105
le Pigeon…………………………………………149
soliloque pour un meurtre……………153
Kevin-la-Rose…………………………………169
la Grande villa………………………………177
transfert……………………………………………197
Joli coup……………………………………………217
Les nouvelles suivantes ont été primées ou lauréates lors de différents concours de nouvelles :
Babiole - Prix transfrontalier de la nouvelle brève, 2e Prix
Fait d’hiver - 2e Prix au concours de Fontaine-Française
Mécanique terrestre - 2e Prix concours d’Antoing
Fast-food - 1er Prix - Prix Vedrarias de la nouvelle
Double impact - La Fureur de lire , mention de la Communauté Française
Kevin-la-Rose - Salon du livre de la Rochelle
Joli coup - Prix du ligueur - adaptation radiophonique dans l’émision Noir-Bleu-Jazz (RTBF)